Pierre Lefebvre

Rétro, les classes sociales?

302 | Hiver 2014

Elvis, comme le veut une certaine légende, n’est pas mort. Au pire-aller, il aurait de nos jours une drôle d’odeur. C’est d’ailleurs un point qu’il aurait en commun, selon certains, avec les classes sociales. Mais si le dessin d’une société découpée entre prolétaires et bourgeois peut paraître aujourd’hui obsolète, il est peut-être prématuré, si ce n’est trompeur, d’affirmer que les tensions et la violence qui caractérisaient les rapports de classes au dix-neuvième siècle ne sont plus que des reliques du passé.

Le syndicalisme désemparé

302 | Hiver 2014

Liberté D’un point de vue historique, les syndicats étaient d’abord une façon de s’outiller contre le capital. Est-ce que les premières luttes syndicales s’inscrivaient dans une logique de lutte des classes ou plutôt dans une logique de lutte pour la dignité ?

Le propriétaire et le possédé

302 | Hiver 2014

C’est Karl Marx qui disait, en tout cas il me semble, que l’histoire, finalement, ne se répète pas : elle bégaie. C’est comme ça que ça a cogné à ma porte une fin d’après-midi du mois de mars. Quand j’ouvre, un gars que je n’ai jamais vu de ma sainte vie se tient dans le cadre de porte, qu’il regarde d’ailleurs plus que moi. Je suis le nouveau proprio.

Quinze comtés

303 | Printemps 2014

Ça m’accable depuis le début. C’est-à-dire depuis la fuite orchestrée de cet été. Pour. Contre. Les barricades se sont tout de suite échafaudées. On devait être content, en haut lieu. Fier, même. Et ça s’est poursuivi de la sorte jusqu’à l’arrivée du projet de loi et, depuis, ça continue de plus belle. Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodements,qu’ils appellent ça.

Présentation du dossier "Politiques culturelles"

303 | Printemps 2014

L’idée même d’un ministère de la Culture, quand on y pense, peut sembler saugrenue. L’art et la pensée ayant prouvé depuis longtemps à quel point ils pouvaient s’avérer de sérieux empêcheurs de gouverner en rond, on peut se demander en quoi un État pourrait avoir envie de stimuler ce qui prend tant de plaisir à le picosser ou à nourrir une mâchoire souvent prompte à le morde. Pour mettre en place un tel processus, il faut quand même y croire.

La tortue sur le dos

303 | Printemps 2014

Dans un lancement, il y a quelques semaines, un vieux routier du monde de l’édition félicitait une de mes collègues pour la nouvelle mouture de Liberté. Glouglou, bla-bla. Comme je mémérais moi-même à ce moment-là avec un ancien prof, je n’entendais pas grandchose de l’éloge, mais, tout à coup, pendant une éclaircie, un « le monde se demande combien de temps vous allez durer » m’est rentré d’une seule traite dans l’oreille.

La pornographie

304 | Été 2014

Vous allez rire : au moment où je rédige ces lignes, nous sommes toujours plongés en pleine campagne électorale. Et si je me permets de l’évoquer, c’est justement parce qu’à la parution du présent numéro, ni vous ni moi n’y penserons plus. Or, cet oubli-là m’accable. Les campagnes, en effet, et celle-ci particulièrement, ont souvent le beau mérite d’étaler à la vue de tous le nihilisme mortifère des pouvoirs qui nous gouvernent.

Keith Kouna et René Lussier

304 | Été 2014

Le voyage d’hiver, première collaboration entre Keith Kouna et René Lussier, est une réinterprétation étonnante des lieder de Schubert. Les deux musiciens nous racontent aujourd’hui comment ils se sont approprié une œuvre du XIXe siècle pour en faire un projet unique dans le paysage artistique québécois.


Dossier - La chanson dans tous les sens

304 | Été 2014

Je me rappelle toujours avec beaucoup de plaisir la fois où, à la télévision française, j’ai vu et entendu Serge Gainsbourg, assis devant un piano, prendre un malin plaisir à marteler à un Guy Béart outré que la chanson était un art mineur. « Un art majeur demande une initiation. Pas un art mineur comme les conneries que nous faisons.

L'utopie possible

305 | Automne 2014

     L'école publique est un projet audacieux. Dans une certaine mesure, il est presque indécent, ou en tout cas baveux. On demande quand même à l’État de financer et de mettre en place une structure dont le monde sortira apte à discerner les vessies des lanternes, c’est-à-dire d’être en mesure de contester le pouvoir. C’est beaucoup demander à ceux qui en tiennent les rênes. C’est pourtant le prix à payer pour avoir des citoyens. Quand ceux-ci ne sont pas capables de poser un regard critique sur nos lois et décrets, on se retrouve peu ou prou devant des serfs.

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