Pierre Lefebvre

Présentation

296 | été 2012

Le 7 avril dernier, réunies au Monument-National, soixante-dix neuf personnes répondaient à une question qui leur avait été adressée : « Comment rendre visible, opérante, la liberté qui nous caractérise et qui nous échappe en même temps ? La révéler ? »

La parole est une terre grasse

296 | été 2012

Liberté — Commençons par le commencement : de quelle manière ce projet a-t-il vu le jour ?

Présentation

295 | printemps 2012

La littérature québécoise a pris son envol avec Au pied de la pente douce et Bonheur d’occasion, c’est-à-dire en arrivant en ville. Les manuels scolaires, d’ailleurs, adorent nous le raconter. L’affirmation, un peu simpliste, a comme grand avantage de marquer la rupture avec le Canada français et ses écrivains empêtrés dans le sol et le sang. Par la belle grâce du paysage urbain, le Québec, Dieu merci, s’arrachait ainsi au folklore. Une nouvelle génération d’auteurs s’aventure pourtant depuis peu dans ces territoires que l’on croyait délaissés depuis longtemps.

L'air de la famille

296 | été 2012

En 1941, pendant qu’il était prisonnier de guerre des Allemands, l’écrivain français Georges Hyvernaud a noté dans un de ses carnets quelque chose de troublant : « Les familles désunies, c’est vraiment triste. Mais il y a pire : les familles unies. » On peut se dire, bien évidemment, que c’est une boutade. Mais les circonstances dans lesquelles Hyvernaud se trouvait quand il a écrit ça peuvent aussi nous amener à penser qu’il le croyait vraiment.

L'urgence de poursuivre

297 | automne 2012

Les héroïnomanes ont beau avoir mauvaise réputation, je ne me lasse pas de « L’hommage à la Grèce » d’André Malraux, surtout quand il affirme que « La culture ne s’hérite pas ; elle se conquiert. » Si je me permets de le mentionner, c’est que Liberté a vu le jour en janvier 1959. C’est dire si la question du patrimoine nous est incontournable. Il ne faudrait pas en conclure pour autant que nous passons nos journées, les yeux pleins d’eau, rivés à des reliques plus ou moins poussiéreuses, car un legs est plutôt un principe actif.

Que conservent les conservateurs?

297 | automne 2012

Les choses ont drôlement brassé au Québec ces derniers temps. Mais, pendant que le conflit étudiant, les allégations de corruption et la campagne électorale de cet été occupaient le devant de la scène, le gouvernement majoritaire conservateur de Stephen Harper n’en continuait pas moins sur sa lancée.

Nous y sommes, soyons-y

297 | automne 2012

Me demander ce que conservent les conservateurs en culture me donne surtout envie de lâcher : strictement rien. C’est là une réponse courte qui me plaît beaucoup, d’autant plus qu’elle a le grand avantage de trouver tout son sens dans une réponse longue : en ce qui concerne les arts et les humanités, les conservateurs s’acharnent essentiellement à préserver les structures, de même que les modèles, qu’implique l’idée d’industrie culturelle. Ce qui m’amène, avant d’aller plus loin, à vous demander la permission de tourner les coins ronds.[...]

Est-ce ça qui est ça?

298 | hiver 2013

C’est toujours avec un peu d’effroi que je repense au 19 octobre 2005. Ce jour-là, une douzaine de personnes se sont réunies lors d’une conférence de presse pour annoncer à qui voulait bien les entendre que l’heure, ô misère, était grave. Pourtant, ce qui près de sept ans plus tard m’amène encore à frissonner n’est pas tant la nature de leur tourment, ou l’objet de leur effroi, que l’adjectif avec lequel ils coiffaient à ce moment-là leur démarche, leur propos et, bien sûr, leurs personnes. Ces quatre femmes et huit hommes se prétendaient, en effet, lucides.

Manifestations. La politique hors les murs - Présentation du dossier

298 | hiver 2013

« La démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l’histoire. » Il est quelque peu étonnant que l’on n’ait pas plus entendu cette fameuse boutade de Winston Churchill au cours du printemps dernier. Qu'elle soit citée fort à propos ou bien à tort et à travers, son rôle est souvent de nous rappeler que nous pourrions être bien plus mal logés, ce qui demeure, convenons-en, une mince consolation.

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