Habiter ou exploiter le monde?
311 | Printemps 2016
Perdre le Nord

Chapeau: 

Les Québécois n'habitent pas leur pays : ils l'exploitent.

Le 28 avril 1947, devant un hiver qui n’en finissait plus de finir, le député provincial René Chaloult affirma qu’« il serait peut-être souhaitable de réchauffer notre climat. » Il exposa pour ce faire une théorie développée par le commandant Lucien Beaugé, de l’École des pêcheries de Sainte-Anne-de-la-Pocatière : « D’après ce dernier, il serait possible de prolonger l’été canadien de deux mois, soit un mois au commencement, au printemps, et un mois à la fin, à l’automne, en fermant le détroit de Belle-Isle. À cause de la rotation de la Terre, les glaces qui descendent des régions arctiques ont tendance à y entrer et nous avons des eaux glacées dans le golfe douze mois par année. » 

Cette proposition ferait sourire si elle n’était pas aussi conforme au rapport que la modernité occidentale entretient avec ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler « l’environnement ».

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 311. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.