Prendre soin
309 | Automne 2015
Parler de l'État en son absence

Chapeau: 

Debra Granik suit avec empathie un vétéran du Vietnam relégué aux marges de l'État.

Dans Stray Dog, premier long-métrage documentaire de l’Américaine Debra Granik, aucune voix hors champ ne nous expliquera les tenants et les aboutissants, le pourquoi et le comment. Jamais aucun des protagonistes ne s’adressera à la caméra ou ne répondra à une question, nous nous trouverons dans la narration et devant un cinéma frontal, mais surtout, comme le dit Granik elle-même, Wonder is my big thing. The active verb of wondering. Se demander, s’étonner, réfléchir. Il faut mesurer la confiance à la fois en l’objet qu’est son film et en ses récepteurs pour expliquer le cinéma anthropologique qui nous est proposé ici. Des 230 heures de bobine qu’elle a tournées pour faire ce qui s’avère le portrait d’une Amérique nue et désarçonnante, il reste à la fin un précipité lent et dense, témoin d’un cinéma construit tout en nuances.

[...]


DEBRA GRANIK
Stray Dog
États-Unis, 2014, 98 min. 


Ce texte est un extrait du texte publié dans le numéro 309 de Liberté. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.