Repenser la souveraineté
310 | Hiver 2016
Ni fruit ni fleur

Chapeau: 

Carole David au coeur d'une violente féérie.

Il y a dans les poèmes de Carole David une violence qui désarçonne. Je le savais, et c’est pourtant ce qui m’a frappé en entrant dans L’année de ma disparition. Le premier vers du livre: «Je viens de t’abattre à la sortie du motel.» Voilà qui donne le ton. La violence tombe d’emblée avec une clarté tranchante. J’en retiens d’abord qu’elle est adressée, ou dirigée: on n’abat pas n’importe qui, comme ça, en plein stationnement. On pense à une vengeance ou à un règlement de comptes. On pense au cinéma. Mais quelque chose cloche, car celui qui se fait abattre ne meurt pas. «Tu es demeuré vivant, mais vieilli», poursuit le poème. La mort a beau être réversible, on ne peut pas tuer deux fois ses fantômes.

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Extrait du texte publié dans le numéro 310 de Liberté. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.