Prendre soin
309 | Automne 2015
Marie de l'Incarnation - Présentation

Chapeau: 

L'extase et la colonisation.

Marie Guyart, née en 1599, en religion Marie de l’Incarnation, entre chez les ursulines de Tours en 1633. Elle arrive à Québec en 1639 et y meurt le 30 avril 1672. Fondatrice du couvent des ursulines de la ville, elle en sera la première supérieure. Son œuvre comprend deux Relations (de 1633 et de 1654) et plus de 270 lettres d’une correspondance qui en comptait, croient ses éditeurs modernes, plusieurs milliers, tout à la fois écrits mystiques qui décrivent ses « états d’oraison », lettres « d’affaires » et lettres familières, à son fils notamment.

Ses écrits, d’abord édités, et manifestement réorganisés et « corrigés » par son fils Dom Claude Martin, paraissent en 1681 en France. En 1864, Casgrain publie une biographie, Histoire de la Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France qui, pour longtemps, fige sa figure en modèle féminin catholique. Ses Écrits spirituels et historiques sont édités par Albert Jamet en 1929-1939, puis en 1973 par Guy-Marie Oury. Ils sont relus du point de vue de la contribution des femmes à la fondation de la Nouvelle-France, notamment par Chantal Théry, puis dans la perspective d’une histoire des missions, par Dominique Deslandres ; en 2008, Jean-Daniel Lafond lui consacre un documentaire, Folle de Dieu d’où sera tirée, la même année, une pièce de théâtre où Marie Tifo l’incarne. Pierre Nepveu en propose une lecture littéraire en la comptant parmi « les recluses » qu’il réunit dans Intérieurs du Nouveau Monde. Plus récemment, Patricia Smart voit en elle la première diariste et autobiographe de la littérature québécoise et Alessandra Ferraro fait paraître cet automne une édition de poche de La Relation de 1654.

Comment lire aujourd’hui les écrits de Marie de l’Incarnation ?


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