Habiter ou exploiter le monde?
311 | Printemps 2016
Margaret Thatcher, les melons d'eau, la société

Chapeau: 

En se voulant apolitiques, les écologistes se privent de toute capacité de changement.

Le vendredi 10 avril 2015, la veille d’une manifestation écologiste se tenant à Québec, le quotidien Le Soleil publie un article au titre évocateur : « La droite et les verts : chronique d’un divorce. » D’entrée de jeu, le journaliste se surprend que « gauchistes » et « écolos » soient systématiquement associés. Cela ne nuit-il pas à la cause de ces derniers ? La droite n’a-t-elle pas déjà été « verte » elle aussi, s’interroge-t-il ? Il rappelle au passage les convictions environnementalistes de Margaret Thatcher. Il est vrai que la Dame de fer a été l’une des premières politiciennes majeures à adopter une position ferme dans la lutte contre les changements climatiques. En 1989, devant l’Assemblée générale des Nations unies, elle tenait des propos qui pourraient aujourd’hui être ceux d’un militant de Greenpeace : « The danger of global warming is as yet unseen, but real enough for us to make changes and sacrifices, so that we do not live at the expense of future generations. » Que s’est-il donc passé pour que la droite oublie ses vertus écologistes ?

Questionnés par le même journaliste, deux représentants d’organisations écologistes québécoises se défendent vivement d’avoir des accointances idéologiques avec la gauche. On peut comprendre les raisons, politiques et stratégiques, de cette réticence. À la veille de leur manifestation, ils veulent paraître le plus rassembleurs possible. 

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 311. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.