La dictature du rire
316 | Été 2017
L’odyssée des papillons

Chapeau: 

Le mythe pour comprendre le présent

Ulysse et ses hommes viennent de passer le cap Malée.

Dix ans qu’ils sont hantés par l’absence d’Ithaque, qu’ils souffrent le manque d’une présence. Ils ont maintenant repris la mer, tendus vers cet amour. Comment pourraient-ils savoir qu’ils ont basculé dans un monde sauvage ? N’est-ce pas lorsqu’il se fait bien tard qu’on sent le péril encouru auprès d’une Circé ou d’un Cyclope ? Sans astrolabe ni sphère armillaire, les marins de l’Antiquité doivent s’en remettre au ciel pour trouver leur chemin, en fixant « les Pléiades et le Bouvier qui se couche si tard et l’Ourse (…) qui jamais ne se plonge aux bains de l’océan ». Des repères fragiles… et Ulysse s’égare sur la mer où aucune route, du reste, n’est tracée et où une multitude de dangers le guettent. Mais qu’importe les risques et les revers, ce qui est véritablement menacé par le périple quel qu’il soit, ce n’est pas d’abord la vie, c’est l’alambic du rêve, celui qui renferme le souvenir et l’espérance d’Ithaque.

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 316. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.