Marie-Claire Blais
312 | Été 2016
L'humanité comme multivers

Chapeau: 

Dans les récits d’anticipation de Kelly Link, le futur n’a rien guéri de notre détresse présente.

The Summer People, le premier des neuf récits de l’auteure de nouvelles de science-fiction, de fantaisie et d’horreur, l’Américaine Kelly Link, née en 1969, s’ouvre sur le geste, clin d’œil de l’auteure à ses lecteurs, d’un père qui réveille sa fille en lui envoyant un jet de brumisateur au visage. Il ment à Fran, quinze ans, en lui racontant qu’il part, une semaine ou trois, pour une réunion de prière à Miami, qu’il a, précise-t-il, trouvée sur Internet. À la page huit, l’adolescente (ma traduction) « a acheté du lait, des œufs, un pain à sandwich de blé entier, et des viandes froides pour les Robert, pour elle des Tylenol et plus de Ny-Quil, plus une boîte de jus d’orange congelé, des burritos pour le micro-ondes et des Pop-Tarts. “Mets ça sur le compte”, a-t-elle dit à Andy ». 

Le livre de Link opère une progression, depuis le premier récit, décrivant la maison inquiétante et déserte des gens d’été, dont on devine qu’elle se trouve dans un État du sud des États-Unis, où les pièces thématiques, la pièce de la Guerre, la pièce de la Reine, sont visitées par Fran et une amie. [...]


Extrait du texte publié dans Liberté n° 312. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.