Séduits par la droite
313 | Automne 2016
Les poupées sacrifiées

Chapeau: 

L’amitié selon Elena Ferrante donne les moyens de l’insoumission.

À lire les romans d’Elena Ferrante, je comprends comment l’amitié peut vivifier mes souvenirs et redonner au passé sa consistance. Cette écrivaine met des mots sur une mécanique qui, la plupart du temps, s’enclenche en moi sans que j’y porte attention : je me souviens des moments d’amitié avec intensité comme si, de l’autre côté du souvenir, l’ami pensait aux mêmes détails que moi. Je regarde son visage, dans l’espace mental où il se trouve, et j’y vois un passé commun, des rires qui nous appartiennent à nous seuls, les souffrances qu’on s’est infligées par envie ou par cruauté, les épreuves qu’on a surmontées et qui nous définissent. L’ami, écrit Ferrante, est celui à qui on fait de la place en soi-même.

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 313. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.