Prendre soin
309 | Automne 2015
Le sexisme ordinaire

Chapeau: 

Le recueil Mines de rien dit la grande portée des petites injustices.

J’aurais voulu ne rien apprendre à la lecture de Mines de rien. Sur les femmes, sur le monde, sur moi-même. Que l’anodin impliqué par le titre tienne ses promesses. Que la traque des discours ambiants à laquelle se livrent IB, LJ et LSM, comme elles se désignent, ne soit pas si aisée ou si révélatrice.

Chaque texte est signé des initiales de son auteure, de sorte que les voix ne sont ni fondues ni anonymes, ni indifférenciées dans un collectif « féminin ». Les points de vue sont assumés et, en même temps, il n’y a pas de hiérarchie entre les auteures. La typographie féministe participe de cette pratique qui ne transforme pas l’inclusion en confusion : un point est placé à mi-hauteur entre les deux genres grammaticaux, qui évite la symbolique mise entre parenthèses du signe du féminin, ce -e qu’on appelle « muet »; autant que l’usage du trait d’union, qui fait du signe du féminin un appendice au nom masculin.

Car c’est là que le bât du féminisme blesse en Occident, dans les petites injustices ou les omissions qui n’ont l’air de rien. [...]


ISABELLE BOISCLAIR
LUCIE JOUBERT
LORI SAINT-MARTIN
Mines de rien. Chroniques insolentes
Le remue-ménage, 2015, 160 p. 


Ce texte est un extrait du texte publié dans le numéro 309 de Liberté. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.