Habiter ou exploiter le monde?
311 | Printemps 2016
Le repos des pauvres

Chapeau: 

Lise Tremblay s’inscrit dans une génération d’écrivains en deuil.

Le dernier opus de Lise Tremblay raconte en alternance la fin de vie de ses deux parents, son père s’éteignant dans la chambre bleue d’une maison de soins palliatifs, sa mère se remettant d’une dépression dans la chambre blanche d’un hôpital psychiatrique. On ne peut s’empêcher de remarquer que le livre de Tremblay entre en résonance avec plusieurs autres publiés récemment, par des écrivains qui retracent eux aussi la maladie ou la mort des parents, que l’on pense au titre primé Le feu de mon père (2014) de Michael Delisle et à L’album multicolore (2014) de Louise Dupré, ou encore à La ballade d’Ali Baba (2014) de Catherine Mavrikakis et à La nageuse au milieu du lac de Patrick Nicol (2015). Ces ouvrages ont en commun d’aborder l’écart qui se creuse entre des parents issus de la classe populaire et des fils et filles lettrés, un thème qui nous ramène inévitablement aux textes phares d’Annie Ernaux.

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 311. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.