Politiques culturelles. L'héritage de Georges-Émile Lapalme
303 | Printemps 2014
L'art de la guerre

Chapeau: 

Les douloureuses questions morales de L’orangeraie.

L’exigence du mal, sa justification et sa représentation artistique alimentent la réflexion de Larry Tremblay dans son dernier roman, L’orangeraie. Comme dans toute bonne tragédie, la simplicité de l’histoire camouf le des enjeux éthiques complexes : pour venger l’assassinat de ses grands-parents, Amed, plutôt que son frère jumeau atteint d’un cancer incurable, est choisi par son père pour servir de bombe humaine dans un de ces pays du Moyen-Orient en guerre depuis des décennies. Le père juge en effet que le sacrifice du fils en santé à la cause de son peuple et à Dieu est un geste plus honorable et honnête que le « don » d’un fils malade. Or les frères s’échangeront les rôles au dernier instant, Aziz se sachant condamné. Épuisé de mentir, Amed devenu Aziz avouera tout, sera répudié par son père et émigrera à Montréal, où il s’inscrira à l’École nationale de théâtre pour donner voix, par le biais de la scène, à tous les enfants tués par son frère et qui, depuis, parlent dans sa tête. [...]

À propos de : Larry Tremblay, L’orangeraie, Alto, 2013, 168p.