NOUS ?
296 | été 2012
L'air de la famille

En 1941, pendant qu’il était prisonnier de guerre des Allemands, l’écrivain français Georges Hyvernaud a noté dans un de ses carnets quelque chose de troublant : « Les familles désunies, c’est vraiment triste. Mais il y a pire : les familles unies. » On peut se dire, bien évidemment, que c’est une boutade. Mais les circonstances dans lesquelles Hyvernaud se trouvait quand il a écrit ça peuvent aussi nous amener à penser qu’il le croyait vraiment. C’est quand même quelqu’un qui était privé de sa liberté parce qu’une idéologie totalitaire avait mangé un pays tout entier, puis qu’après ça, ce pays-là s’est essayé à dévorer le restant de l’Europe au grand complet. (...)