Seul ou avec d'autres
308 | Été 2015
L'âge mineur

Chapeau: 

L'amour au temps du juridique.

Je voulais aborder la question du consentement réciproque dans le respect mutuel à une relation sexuelle avec signature. Le bruit courait que la Californie, entre autres avant-gardes, songeait à adopter une loi qui exigerait la signature des partenaires avant le passage à l’acte sexuel génital. Premièrement, je cherchais à déterminer scientifiquement le début d’une relation sexuelle, surtout quand elle est virtuelle, quand elle germe et s’éclot, par exemple, au téléphone et quand il y a coït, saillie, embouquement, emboîtement, copulation, accouplement téléphonique, et de plus, entre quels genders? Ou même tout bêtement au restaurant, quand un genou vous frôle sous la table, signer? Deuxièmement, la question de la signature me turlupinait. Je me demandais si une signature par téléphone intelligent serait valide. Je me demandais si les analphabètes allaient pouvoir se faire reconnaître par une croix. J’ai demandé à mon dépanneur chinois d’apposer sa signature en chinois sur mon journal. C’était juste pour voir. Il a été prudent. Il a refusé. Il lit les journaux lui aussi. Et quand le caissier m’a glissé le bordereau, j’ai contrefait ma signature (main gauche), qu’est-ce qu’on sait? Et si je découvrais qu’il (le partenaire) souffre de phimosis, est-ce que ma signature serait toujours valide? Autrement dit, une fois signé le document, si je découvre qu’elle (la partenaire) souffre d’algopareunie, qu’est-ce que je dois honorer? La douleur ou la signature?

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Extrait du texte publié dans le numéro 308 de Liberté. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.