Politiques culturelles. L'héritage de Georges-Émile Lapalme
303 | Printemps 2014
La révolution inachevée

Chapeau: 

Retour sur les audaces et les échecs de Georges-Émile Lapalme, créateur du ministère de la Culture à l’aube des années 1960.

Lire le programme du Parti libéral du Québec en vue des élections du 22 juin 1960, même un demi-siècle après sa parution, suscite encore et toujours l’étonnement. La toute première promesse électorale qu’on y trouve porte en effet sur un enjeu dont on ne pourrait dire qu’il a été conçu pour séduire l’électorat :

Article 1 – Création d’un ministère des affaires culturelles ayant sous sa juridiction les organismes suivants :
a) L’Office de la langue française (ou de la linguistique) ;
b) Le Département du Canada français d’outre-frontières ;
c) Le Conseil provincial des arts ;
d) La Commission des monuments historiques ;
e) Le Bureau provincial d’urbanisme.

De la part d’un parti qui croupit dans l’opposition depuis seize ans – c’est dire s’il est affamé de pouvoir – l’audace ne manque pas d’envergure. Pourtant, dans une province sortant à peine du régime ultraconservateur de Maurice Duplessis, cela apporte un grand vent de fraîcheur. Englobant tout à la fois la création sous diverses formes, le soutien de la mémoire historique et l’ouverture vers l’avenir à travers l’aménagement du territoire et de l’habitat, le programme électoral libéral a ceci de révolutionnaire qu’il révèle d’abord et avant tout une vision large de la culture [...]


Extrait du texte publié dans Liberté n° 303. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.