Julia Posca

Grandeur et misère d'une avant-garde involontaire

302 | Hiver 2014

L’entreprise Ikea a soufflé cette année ses soixante-dix bougies. « Combien de doigts se sont blessés en montant les quarante-cinq millions d’étagères Billy ? », demandait une journaliste du Mondepour illustrer l’apport de la compagnie suédoise à la mondialisation du mode de vie occidental. Et si le succès de la multinationale du meuble ne témoignait pas uniquement de la généralisation d’une norme esthétique ou de consommation mais aussi de l’hégémonie d’un certain rapport au monde et aux autres ?

L’austérité au temps de l’abondance

306 |

     À quelques jets de pierre du Colisée Pepsi, demeure des feus Nordiques de Québec, les ouvriers s’affairent sur le chantier du nouvel amphithéâtre de la ville. L’ouverture officielle de cet ouvrage de quatre cents millions de dollars est prévue pour le mois de septembre 2015. En attendant l’heureuse date, les fans de hockey de la Capitale-Nationale rêvent d’attirer à nouveau une équipe de la lnh grâce à cet aréna financé à même les fonds publics provinciaux et municipaux.

Au coeur de la bête

310 | Hiver 2016

Une croyance populaire veut que les scandales qui secouent périodiquement les grandes entreprises ne soient que le fait de «pommes pourries». C’est le constat sur lequel s’ouvre le documentaire The Corporation (2003), dans lequel les cinéastes s’affairent à montrer que ces dérapages sont plutôt le fruit de l’architecture de la corporation moderne, de ses visées et des moyens qu’elle met en œuvre pour les atteindre, et non le résultat de fraudes ponctuelles.

Habiter ou exploiter le monde? Présentation du dossier

311 | Printemps 2016

Si nous portons notre regard sur les installations pétrolifères de Syncrude à Fort McMurray en Alberta, sur les forêts abitibiennes scarifiées par les coupes à blanc ou le site minier Manitou-Goldex, abandonné, à Val-d’Or, on se demande assez vite si nous savons encore habiter le monde. Le sol, la boue, l’humus, l’air, les quenouilles, les maringouins semblent aujourd’hui être pour nous plus abstraits et, du coup, moins sensés, moins signifiants, que les retombées économiques, le taux de chômage ou le bourdonnement de la bourse de Tokyo. 

Perdre le Nord

311 | Printemps 2016

Le 28 avril 1947, devant un hiver qui n’en finissait plus de finir, le député provincial René Chaloult affirma qu’« il serait peut-être souhaitable de réchauffer notre climat. » Il exposa pour ce faire une théorie développée par le commandant Lucien Beaugé, de l’École des pêcheries de Sainte-Anne-de-la-Pocatière : « D’après ce dernier, il serait possible de prolonger l’été canadien de deux mois, soit un mois au commencement, au printemps, et un mois à la fin, à l’automne, en fermant le détroit de Belle-Isle.

Imaginer un autre monde ne va pas de soi Entretien avec Simon Tremblay-Pepin

311 | Printemps 2016

LIBERTÉ — Le capitalisme est à la fois la manifestation de notre rapport au monde et le prisme à travers lequel nous lisons le réel. Dans la mesure où ce mode de production est en train de détruire la planète, peut-on se contenter de simplement le réformer ?