Faire moins avec moins
306 |
Jouer à l'adulte

Chapeau: 

Jeune et jolie, ou la prostitution comme rite de passage.

     En 1980, j’avais douze ans, et le film à voir, c’était la comédie romantique La boum, de Claude Pinoteau. En vedette, Sophie Marceau, treize ans, dans le rôle de Vic, qui arrive à Paris, doit s’adapter à l’adolescence et à son nouveau lycée, alors que ses parents traversent une crise. Le film est un succès fulgurant. Et moi, tapie au fond de ma banlieue outaouaise, je le visionne aussi. C’est La boum qu’évoque le dernier film de François Ozon, Jeune et jolie. L’an dernier, lors du Festival de Cannes, les propos du réalisateur en ont fait hurler plus d’une, y compris moi : « C’est un fantasme de beaucoup de femmes, s’était-il permis d’avancer, de se livrer à la prostitution… » Autant les propos du cinéaste étaient choquants, autant son film a quelque chose de banal. La banalité d’un teen movie, mais d’un teen movie pour adultes consentants.

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FRANÇOIS OZON
Jeune et jolie
France, 2013, 94 min.


Ce texte est un extrait du texte publié dans le numéro 306 de la revue Liberté. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.