Marie-Claire Blais
312 | Été 2016
À joual donné, on doit regarder la bride

Chapeau: 

Avec Un Joualonais sa Joualonie (1973), Marie-Claire Blais abordait frontalement la question québécoise, à contre-courant du nationalisme ambiant.

L’histoire littéraire québécoise conserve généralement de Marie-Claire Blais les textes des années soixante, et encore. Si plusieurs cégépiens ont lu Une saison dans la vie d’Emmanuel, La belle bête et autres Manuscrits de Pauline Archange sont passés à la trappe de l’histoire. Et ils ne sont pas les seuls. Le récent cycle Soifs, par son ampleur et son exigence peu communes, a peut-être redonné à Blais une certaine visibilité médiatique, mais il demeure qu’on ne le relie presque jamais au reste de la production de l’écrivaine, surtout pas aux romans écrits dans les années 1970. 

Pourtant, des textes comme Un Joualonais sa Joualonie ou Une liaison parisienne, parus respectivement en 1973 et 1976, parce qu’ils s’inscrivent dans l’investigation ininterrompue, depuis La belle bête (1959), des formes de communauté, ont encore quelque chose à dire aux lecteurs de l’ère néolibérale et post-charte des valeurs québécoises. Ils parviennent à évoquer un rapport conflictuel, toujours d’actualité, de l’individu au groupe, national aussi bien qu’historique.

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 312. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.