Jonathan Livernois

1812 année érotique

297 | automne 2012

De 2012 à 2014, la commémoration du bicentenaire de la guerre anglo-américaine prendra beaucoup de place. Normal : selon le ministre du Patrimoine, James Moore, le conflit a engendré un sentiment national canadien fort. Il y a même des historiens canadiens-français et québécois qui l’ont dit. Faut-il s’émouvoir devant une telle initiative ? Après tout, des conservateurs qui se souviennent, c’est comme des conservateurs qui conservent. Ce n’est pas plus mal qu’un libéral qui libéralise.

Avancer en arrière

297 | automne 2012

On ne convainc pas un jésuite du bien-fondé des vertus théologales. De la même manière, on ne convaincra pas les gens d’ici, désorientés par cinquante ans du fameux modèle québécois, qu’ils sont déjà tous, au fond d’eux-mêmes, des conservateurs. Certes, ce ne sont pas des conservateurs comme ceux qui sévissent de l’autre côté du pont interprovincial Cartier-Macdonald : leur conservatisme est noble, presque bon enfant, et il consiste surtout à retourner vers le passé pour sauver une modernité dévoyée par de prétendus progrès sociaux et politiques.

Suis-je le père Ovide?

298 | hiver 2013

J’ai beaucoup pensé aux Belles histoires des pays d’en haut en lisant le dernier essai de Régine Robin. Les épisodes de cette série télédiffusée de 1956 à 1970 étaient à peu près tous construits de la même manière : le cercle de la communauté du petit village de Sainte-Adèle est fissuré par un événement anodin (mauvaise humeur de Séraphin, mensonge de Bidou, brosse d’Alexis) ou par l’arrivée d’un étrange, comme la fille perdue, cette jolie demoiselle un peu fofolle égarée en territoire de colonisation.

Le bon usage de la poétique des Machos

299 | printemps 2013

Tu es né en 1982. Dans ta première jeunesse, tu ignores beaucoup de choses sur la vie de Lise Payette. Tu la connais d’abord comme auteure de téléromans, tels que Les Dames de coeur, Montréal, ville ouverte et, surtout, Marilyn. De cette quotidienne, tu gardes un souvenir flou. Tu te rappelles quand même que la femme de ménage Marilyn y devenait mairesse de Montréal et que le personnage de Robert Lalonde se faisait tirer dessus. Ça reste gravé dans la mémoire, une tentative d’assassinat contre un romancier d’Oka.[…]

Un shack à soi

300 | Été 2013

[...]

Les lyriques contre les cyniques

300 | Été 2013

On a peu parlé, il me semble, de cet excellent essai de Martin Jalbert. Récipiendaire du prix Jean-Éthier-Blais en 2012, ex æquo avec Gaston Miron: la vie d’un homme de Pierre Nepveu (on a vu pire comme corécipiendaire), Le sursis littéraire a pourtant un front de bœuf: il jase sans complexe de Claude Gauvreau, de Gaston Miron et d’Hubert Aquin en passant leurs œuvres au crible des théories de Jacques Rancière.

Comme Chartrand

301 | Automne 2013

À Danielle

Par-delà le tintamarre

302 | Hiver 2014

Dialogue entre ma conscience canadienne (fictive) et moi :
— Évangéline ne serait donc pas seulement une chanson d’Isabelle Pierre ? De Marie-Jo Thério ? De la candidate n° 24 de Star Académie ?
— Sans génie, va ! Tu n’es jamais allé à Grand-Pré quand tu étais petit ? Tu n’as pas vu la petite église et la statue d’Évangéline ? Tu n’as pas sillonné la côte acadienne quand tu avais neuf ans ? Beaucoup de Québécois le faisaient, à l’époque.

Orange brûlé

303 | Printemps 2014

Trois mois après tout le monde, suivant la vitesse d’une caravelle, j’aborde ici un thème important de l’automne intellectuel québécois. Vous vous en souvenez : on a célébré le cinquantenaire du premier numéro de la revue Parti pris. Ce fut l’occasion de la lire et d’arrêter de faire semblant qu’on l’avait étudiée Dieu sait où. Déjà, avant que la BAnQ ne la mette en ligne dans son site internet, c’était la croix et la bannière pour retrouver et consulter tous ses numéros, parus entre 1963 et 1968.

Un grand essai sous les ongles

304 | Été 2014

En terminant Ce que dit l’écorce, j’ai pensé au Roland Barthes des dernières années. L’intellectuel français revenait alors sur sa propre vie, rappelant entre autres à ses lecteurs ses souvenirs de Bayonne, la tuberculose, le structuralisme. Il était également en deuil de sa mère. À propos de cet état qui a probablement contribué à sa propre mort, il écrivait ceci : « Ce qui me frappe le plus : le deuil en plaques – comme la sclérose. [Ça veut dire : pas de profondeur. Plaques de surface – ou plutôt chaque plaque : totale. Blocs] ».

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