Marie-Claire Blais
312 | Été 2016
Inclure les exclus - Entretien avec Marie-Claire Blais

Chapeau: 

Depuis Key West où une tempête tropicale faisait rage, Marie-Claire Blais a répondu à nos questions. L’échange, qui évoque autant son travail d’écriture que la portée politique de ses romans, s’est poursuivi par courriel du 26 janvier au 11 février 2016.

LIBERTÉ: De La belle bête à Une saison dans la vie d’Emmanuel ou d’Une liaison parisienne jusqu’au cycle Soifs, votre œuvre évolue et se transforme. Comment voyez-vous sa cohérence d’ensemble et les « périodes » que la critique y délimite ?

MARIE-CLAIRE BLAIS: Lorsqu’un écrivain commence à écrire très jeune, je ne suis pas sûre que cette cohérence de l’ensemble des livres qu’il écrira lui soit à ce moment-là très visible, car il embrasse tout à la fois, poésie, théâtre, roman, nouvelles, mais c’est à mesure que le travail se fait, graduellement, que tout devient plus clair et moins confus. Ce qui compte au début, c’est la joie et la découverte de l’écriture, ce qui fut le cas pour l’écriture de La belle bête et des livres de jeunesse, mais dès la parution de Manuscrits de Pauline Archange, tout semble se dessiner autrement avec des tableaux sociaux mêlés à une écriture qui analyse davantage les caractères des personnages et la société fragile dans laquelle ils vivent. Mais personne n’est plus maladroit qu’un auteur pour décrire les périodes de son travail, ce que la critique souvent fait mieux que nous. Je crois quand même qu’il y a une cohérence de pensée pour ces livres, de La belle bête au cycle Soifs, du moins on peut retrouver les mêmes préoccupations qui hantent tous mes livres.

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 312. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.