Marie-Claire Blais
312 | Été 2016
Il ne faut pas prendre Jaurès pour un con

Chapeau: 

Si le dernier essai de Finkielkraut peut nous être utile à quelque chose, c’est à rappeler qu’il faut savoir choisir son héritage.

Vous dire que j’aurais voulu aimer serait un mensonge. De la mauvaise foi ? Celle-ci va de soi. À gauche, comme tout un chacun le sait, on ne lit pas (ou plus) les auteurs de droite. Bête comme ça. C’est Louis Cornellier qui le disait, il n’y a pas si longtemps, dans Le Devoir. Les gauchistes de la vallée laurentienne continuent de travailler en sous-œuvre pour discréditer la parole des conservateurs de chez nous : « Des intellectuels comme Jacques Beauchemin, Éric Bédard, Mathieu Bock-Côté et Christian Rioux s’inscrivent, à plusieurs égards, dans la logique de Finkielkraut et, pour cette raison, sont honnis par une gauche allergique au discours identitaire québécois », écrit Cornellier. Sous le poids de la responsabilité qui échoit au gauchiste borgne, ayant peut-être une poutre dans l’œil, j’ai donc lu le dernier essai de Finkielkraut. Il s’agit de La seule exactitude, recueil de chroniques sur la politique et la société françaises parus de 2013 à 2015. De courts textes, issus d’interventions à la radio RCJ (Radio de la communauté juive) et dans le magazine Causeur, écrits par un homme à qui on aurait souvent, dit-il lui-même, refusé le statut de philosophe. Il acceptera, avec l’humilité de celui qui en sait trop, le statut d’amateur

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 312. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.