Prendre soin
309 | Automne 2015
«Il faut que ces filles-là soient folles»

C’est peut-être d’abord l’étonnante résistance qu’il leur a fallu pour parvenir jusqu’à nous qui rend si précieuses les lettres de Marie de l’Incarnation. En plus de la manipulation de ses textes et des récupérations de la figure de l’ursuline, leur écriture elle-même semble s’être arrachée à tout ce qui la contrariait. Où Marie de l’Incarnation trouve-t-elle le temps et l’énergie d’écrire toutes ces lettres, alors qu’elle tient à bout de bras un « couvent » dans deux pièces, lave, nourrit et éduque les petites Amérindiennes qu’on lui confie, apprend leurs langues, fait face au dénuement, à l’incendie, aux épidémies, et négocie les règles que les hommes d’Église établissent pour les couvents de femmes?

Guy-Marie Oury évoque « la corvée harassante » de la correspondance et en souligne l’hétérogénéité : commandes et sollicitations diverses, comptes-rendus des activités et des dépenses, mais aussi réflexions et conseils spirituels : « Les nuits y passent », écrit-il en citant l’ursuline. [...]


Ce texte est un extrait du texte publié dans le numéro 309 de Liberté. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.