Gilles Marcotte

Où en sont les littératures nationales?

311 | Printemps 2016

Il existe, chez nous, une littérature qu’on appelait autrefois canadienne, puis canadienne-française, et qu’on veut maintenant nommer québécoise. On en parle aussi, parfois, comme d’une littérature nationale. Pas très souvent, car l’expression a quelque chose d’un peu embarrassant. Elle désigne, à coup sûr, une littérature mineure, ce qui n’est pas déshonorant, mais qui se donne de grands airs pour faire oublier sa situation d’infériorité. Il n’y a rien de tel qu’un drapeau pour couvrir les manques, les faiblesses. Parle-t-on, aujourd’hui, en France, d’une littérature nationale ?