Nous ne sommes pas seuls
300 | Été 2013
Du cul et des lettres pour tous

Chapeau: 

Le pari mélancolique de Nathalie Quintane

[...] Si elle veut remporter son pari mélancolique, la littérature doit trouver des formes qui correspondent aux révoltes contemporaines. «On sait bien comment sonne la Révolution, parce que l’on connaît sa langue: c’est celle du xviiie. Comment une prose classique française fait-elle entendre le son du canon de 2009?» Chercher des formes: c’est essentiellement ce que fait Quintane. Sa langue déconstruite, une langue du choc et de la brusquerie, remplie de syllogismes et de «problèmes de ponctuation», est une manière d’être en phase avec son époque. Être de son époque, c’est parler des événements récents de façon anachronique, convoquer Blanqui pour mieux les saisir. Être de son époque, c’est aussi s’insurger contre cette «restauration» esthétique qui caractérise la littérature contemporaine et qui vient la forcer à un «chagrin commémoratif». [...]