David Bélanger

Tromper le polar

309 | Automne 2015

Les prix littéraires remis au Québec en 2014 permettent peut-être de tracer les grandes lignes de la narration de l’année en littérature, émondant ce qu’ils considèrent comme anecdotique et glorifiant le reste. Un roman, Bondrée d’Andrée A. Michaud, a remporté des prix populaires (le Saint-Pacôme du roman policier et le prix des lecteurs Saint-Pacôme) ainsi que le nec plus ultra de la communauté littéraire : le bien nommé prix du Gouverneur général.

Montréal à la portugaise

310 | Hiver 2016

«Salazar avait dit un jour, «Les gens changent rarement, les Portugais, jamais!» Ce sont là de fort sages paroles pour un dictateur que Patrice Lessard aime à citer dans sa trilogie lisboète. «Au pays de Québec, rien ne doit mourir, rien ne doit changer», écrivait de son côté Louis Hémon, sur le ton du vœu pieux ou de la fatalité, on ne saurait le dire; le plus important ici consiste à souligner que si ces mots ne se retrouvent sous aucune forme dans la trilogie de Lessard, ils y résonnent, néanmoins.

Littéraires et pragmatiques

311 | Printemps 2016

Irène est morte. Comme dans Huis clos de Sartre, elle se retrouve dans un autre monde, enfermée dans un bunker où elle passe ses jours à enseigner, comme elle s’y acharnait lorsqu’elle se trouvait parmi les vivants. Irène enseigne la littérature, elle l’enseigne à d’autres petits morts, supervisée par une surveillante, elle leur enseigne un seul livre, celui qu’elle a pu ramener de l’autre monde : Dialogues en paradis de Can Xue.

Comme dans le temps

312 | Été 2016

Il est fascinant, l’aller-retour qui cadence Nord Alice de Marc Séguin. On pourrait dire, trop facilement, que c’est celui entre le narrateur, occidental, et le Nord de son exil, à Kuujjuaq, mais on simplifierait trop les choses. Entre les ancêtres du protagoniste et son présent nauséeux? Entre Alice, femme du Nord habitant New York, et le narrateur, Québécois égaré sur les routes nordiques?

Que peut une littérature pour happy few ?

314 |

« Les gens de gauche sont généralement contre la peine de mort – sauf lorsqu’il est question d’un vol de vélo » ; voilà le génial incipit des Gens de gauche, ce grand livre, véritable « fresque de la décence humaine », sur les gauchistes et sur la gauche en général, des anarcho-féministes aux terroristes de gauche qui ne rechignent pas à faire éclater le parvis d’une banque. Ce livre, vous ne l’avez évidemment pas lu.