Daniel Letendre

L'emploi de la liberté

297 | automne 2012

Il aura fallu près de cinquante ans pour qu’un éditeur propose une traduction française du troisième roman de John Berger, Corker’s Freedom, cadeau que Lux a offert aux lecteurs en février dernier.

Les coulisses de l'histoire

299 | printemps 2013

Une pléthore de critiques littéraires qui s’entendent sur les qualités d’une même oeuvre, ça mérite qu’on s’y attarde un peu, qu’on tente de percer le mystère de cette harmonie spontanée – bien que de joindre sa propre voix à celle du choeur revienne à s’insérer dans ce discours consensuel.

Apprendre de ses erreurs?

300 | Été 2013

Ceux qui ont participé activement à la grève étudiante du printemps dernier connaissent assurément Clément de Gaulejac comme l’animateur du blogue L’eau tièdeoù l’artiste affichait une réflexion dessinée, à mi-chemin entre la caricature et la pancarte du manifestant, sur l’actualité. Jouant, dans ses dessins, avec la confusion des signes et la violence faite au langage par la classe politique, De Gaulejac s’interrogeait sur la possibilité d’une représentation du mouvement social alors en branle et de sa dynamique complexe.

L'infâme famille

302 | Hiver 2014

Il y a un moment où l’enfant prend conscience qu’il est, précisément, enfant de quelqu’un, qu’un lien de sang l’attache à des êtres qu’il peut haïr ou adorer sans que cela ne change quoi que ce soit aux faits. La filiation transmet, en même temps qu’un amour complexe, mais indéniable, le sentiment d’une responsabilité envers cet amour, tâche morale et éthique que l’enfant et le parent acceptent ou rejettent avec plus ou moins d’humilité ou de honte.

L'art de la guerre

303 | Printemps 2014

L’exigence du mal, sa justification et sa représentation artistique alimentent la réflexion de Larry Tremblay dans son dernier roman, L’orangeraie. Comme dans toute bonne tragédie, la simplicité de l’histoire camouf le des enjeux éthiques complexes : pour venger l’assassinat de ses grands-parents, Amed, plutôt que son frère jumeau atteint d’un cancer incurable, est choisi par son père pour servir de bombe humaine dans un de ces pays du Moyen-Orient en guerre depuis des décennies.

Mort et naissance de Chloé Delaume

304 | Été 2014

Allez, je me lance, faux matamore au pays trop silencieux des lettres : j’affirme sans détour que l’oeuvre de Chloé Delaume (et peut-être celle d’Olivier Cadiot – il faudra y revenir en temps et lieu) est la seule entreprise d’autofiction qui mérite aujourd’hui cette dénomination. « Oui, mais Catherine Millet, oui, mais Christine Angot, oui, mais Marie-Sissi Labrèche… » Non.

 

Les yeux du coeur

305 | Automne 2014

Il ne faut que vingt-quatre heures à un cœur pour cesser de battre, être réactivé par des machines puis transplanté dans le corps d’une autre personne. Vingt-quatre heures pour que la tragédie d’une vie qui se termine se transforme en un miracle pour quelqu’un qui pourra vivre la sienne plus longtemps.

Les mots de l'insoumis

306 |

     Après avoir laissé la parole, dans La compagnie des spectres, roman publié en 1997, à une mère confondant les années malheureuses de la collaboration française et le présent, Lydie Salvayre donne ici le crachoir à une autre mère, la sienne, qui relate la courte épopée libertaire de l’Espagne pendant l’été 1936, juste avant que la guerre civile ne coupe court à cette révolution sociale.

La logique de l'histoire

307 | Printemps 2015

On pense tout de suite (et tout le monde l’a fait) à Houellebecq. Mais c’est facile.

Le réel et son déguisement

308 | Été 2015

La clé de Polyamorous Love Song arrive à la toute fin du roman alors que Jacob Wren propose une réflexion sur la chanson pop qui éclaire les quelque deux cents pages précédentes.

À propos de cette musique commerciale, le narrateur s’interroge: quelle serait notre conception de l’amour si les chansons qui le prennent pour thème ne pleuraient ou ne célébraient pas uniquement le grand amour?

Si cet amour tant chanté, plutôt qu’être exclusif à une seule personne, était pluriel, transformant les mélodies en polyamourous love song?

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