Avancez en arrière ! Quand le progrès tourne à la catastrophe
315 | printemps 2017
Comédie et tragédie du siècle à venir

Chapeau: 

Quand la voiture a inventé l’accident de voiture.

Sommes-nous « trop dans la tête et pas assez dans l’âme », comme me le confiait une amie autochtone à propos de l’impression qu’elle a des Blancs ? Alors que les premiers peuples rebâtissent leurs cultures, mises à mal par le génocide culturel perpétré contre eux par le Canada avec les écoles résidentielles et la Loi sur les Indiens, en utilisant les outils juridiques du système qui les a opprimés pour défendre les territoires avec lesquels ils sont connectés spirituellement depuis des millénaires, nous, les Blancs, semblons poursuivre une déconnexion d’avec la planète qui pourrait bien mener à l’autogénocide de notre espèce.

Depuis les années 1980, les banques ayant obtenu de l’État qu’il s’efface devant les forces « naturelles » du marché, profitent grassement de l’assouplissement des réglementations. Et lorsqu’en 2007 et 2008 leurs fraudes ont mal tourné, elles se sont empressées de pleurer leurs larmes de crocodile afin d’obtenir de l’État l’argent pour les sauver. Après un mea culpa de vaudeville, après avoir plaidé qu’elles ne le feraient plus, elles ont rapidement repris leur quête effrénée de croissance perpétuelle sur une planète dont nous mesurons pourtant de mieux en mieux la finitude. La nature virtuelle des produits financiers peut donner l’impression qu’une croissance infinie n’a rien de bien dangereux, mais si nous appliquons ce modèle à l’ensemble des compagnies privées qui s’enrichissent avec les ressources naturelles qu’elles exploitent, on comprend qu’on touche rapidement aux limites de la planète. Nos technologies, bien qu’avancées, ne nous permettent pas encore – fort heureusement – d’aller piller et détruire d’autres planètes, lunes et astéroïdes. 

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Extrait du texte publié dans Liberté n° 315. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.