Marie-Claire Blais
312 | Été 2016
Choisir la vie

Chapeau: 

Un « autoportrait » de la Syrie : des images impossibles et nécessaires.

Le 9 mai 2011, le cinéaste syrien Ossama Mohammed se rend à Cannes, mais sans film à présenter aux festivaliers faute de pouvoir tourner dans son pays. Il accorde néanmoins des entrevues, s’exprime sur la situation en Syrie, parle des images qu’il dit porter en lui. Celles, par exemple, d’un adolescent en sous-vêtement prosterné sur la botte d’un militaire. Le garçon avait écrit : « Le peuple veut la chute du régime ». Il est emprisonné, torturé,  il doit lécher la botte. Ses proches demandent sa libération. « Oubliez-le, leur dit-on. Faites un autre enfant, et si vous n’y arrivez pas, amenez-nous vos femmes. » 

Révolution, répression sanglante, guerre, exil, refus de la soumission. C’est la matière même du film Eau Argentée, Syrie autoportrait. [...]


Extrait du texte publié dans Liberté n° 312. Pour lire ce numéro en version intégrale, visitez notre boutique.