Rétro, les classes sociales?
302 | Hiver 2014
Chairs milliardaires

Chapeau: 

Le pauvre refoule, le riche se défoule : comment l'argent transforme le corps et l'esprit

Parlons de l’économie qui procède de notre chair. La vitale, que l’autre, tout en calculs monétaires, vient seulement encoder. Pour s’en abstraire, et éviter qu’on en fasse cas. Faire l’économie des affects résume son programme. Revenons donc à cette économie de l’activité nerveuse, tout en quantum d’affects, en investissements, en monnaie de sens, en stratégies d’épargnes, dixit le lexique métapsychologique de Sigmund Freud. C’est d’elle, secrètement, qu’il est question dans l’enjeu d’accumuler du capital financier.

L’économie psychique, on l’entend depuis 1915, vise à maintenir bas le taux d’excitation de l’appareil nerveux. Satisfaire un besoin, donner libre cours à une pulsion, soulager une tension, c’est surtout, pour lui, réduire l’agitation qui le démange, d’où l’impression de plaisir, plus précisément l’assouvissement du désir. Accaparer quelque chose, manger, baiser… À travers des affirmations, des manifestations, des expositions ou des rapports d’objet, le sujet se trouve à la recherche de stratégies grâce auxquelles il dépensera l’énergie psychique cristallisée dans des intentions. Ce déploiement psychique procède d’un rapport qui va de l’intérieur vers l’extérieur en tant qu’il a cours sans heurt, pour ainsi libérer l’appareil moral de sa charge.[...]