Anne-Renée Caillé

«Avant que partir ne devienne un voyage»

297 | automne 2012

Depuis soixante ans, l’engagement poétique d’Henri Deluy n’a ni fin ni cesse. En plus de sa propre production poétique, ses activités sont tentaculaires : conduite enthousiaste de la revue Action Poétique de 1955 à 2012, fréquentation du mouvement CoBrA, traduction des poètes russes ou néerlandais, des avantgardes modernes et direction de nombreuses anthologies.[…]

Sur :

Henri Deluy
L'heure dite
Flammarion, 2011, 253p. 

Trop de chocs tuent le choc

298 | hiver 2013

Il est difficile d’établir si la reconnaissance de l’auteur de fiction et poète Christian Prigent est équivalente à celle de l’essayiste. Une chose est sûre, l’écrivain a joué un rôle central dans la cartographie du champ littéraire français contemporain. À la fois dans la lignée des avant-gardes et en réponse à la revue textualiste Tel Quel, il crée txt avec Jean-Luc Steinmetz en 1969 et l’anime jusqu’en 1993.

Marcher dans les traces des deux corps du roi

299 | printemps 2013

Les Pénétrables est une réédition augmentée du livre Mes bien-aimé(e)s paru en 2007 chez la défunte maison d’édition Inventaire / Invention.

L'infléchissement du voyant

300 | Été 2013

La dernière parution de Franz Schürch n’est pas un texte de poésie. Ni tout à fait un roman ou un récit, d’ailleurs; on le présente comme un ensemble de «dialogues». Ces dialogues à teneur philosophique sont échangés principalement par deux hommes, celui qui disparaît et celui qui s’inquiète, qui se rencontrent tous les jours au même banc.

Cercueil à remplir

301 | Automne 2013

On s’oppose difficilement à la mort. On peut partir à la guerre contre elle, crier, gesticuler, mais, au final, peu y fera. Ce qui reste après concerne la mémoire, dont l’art maîtrise le pouvoir. Pamphlet contre la mort, du poète français Charles Pennequin, fixe des souvenirs, mais aussi des rancunes. Au contact du cercueil, figure récurrente, ce ne sont pas que des beaux sentiments pour la vie qu’on cherche à opposer à son antagoniste ; la prose verbeuse du poète ne montre pas cette binarité-là. Avant de partir, il faut régler ses comptes.

Se tenir au milieu des restes

302 | Hiver 2014

Dans son dernier recueil de poésie, Pour les désespérés seulement,l’essayiste et professeur René Lapierre pose un regard tourmenté sur les ruines et les tragédies de l’histoire qui ne peuvent être rachetées. Le poète s’inscrit dans un héritage depuis le titre qu’il emprunte à Walter Benjamin : « Pour les désespérés seulement nous fut donné l’espoir », phrase tirée de l’essai écrit en 1922 par l’auteur allemand, « Les Affinités électives de Goethe ». Même si Lapierre sabre l’espoir, il serait mal venu de n’y lire que du cynisme.

Cérémonies et souvenirs gourmands

304 | Été 2014

Il est difficile de le dire autrement : 47 atelier des saveurs, le plus récent livre de poésie de Charles Sagalane, nous fait voyager, et pas seulement de Saint-Gédéon au Japon. Les « 47 fiches pour s’inviter dans l’atelier dont nous sommes les saveurs » exposent autant d’expériences gustatives et sensitives d’ici et d’ailleurs, lesquelles incluent des rencontres amicales et familiales, des initiations, des explorations et des plongées mémorielles.

 

Ce qui a été ravi

307 | Printemps 2015

Ce qui m’intéresse c’est “Où il est le poème ?” parce que lui aussi il se déplace tout le temps », explique Frédérique Guétat-Liviani dans un entretien à la suite de la publication de son dernier livre, Le premier arrondissement. Le poème est mobile, non confiné ; il est, potentiellement, partout. Guétat-Liviani elle-même se « déplace » continuellement entre différentes pratiques artistiques.

Faire entendre

308 | Été 2015

Vers 1990, Christophe Tarkos abandonne sa vie de professeur de lycée pour devenir poète. Sa trentaine y est entièrement consacrée. Il intègre le milieu de la poésie française contemporaine en multipliant les publications dans des périodiques (Action poétique, Doc(k)s, TTC...) et en en fondant avec des poètes dont il partage les vues littéraires (Nathalie Quintane, Katalin Molnar, Charles Pennequin), mais aussi en se livrant à de nombreuses interventions publiques.

Rester de marbre

309 | Automne 2015

En 1907, à l’âge de dix-huit ans, Anna Akhmatova publie son premier poème, initiant une œuvre qui s’étale sur une soixantaine d’années, marquée par une constellation de bouleversements politiques et sociaux irréparables qui affligent, presque sans répit, le peuple russe. Les guerres mondiales, la Révolution d’octobre, la guerre civile, les famines, la Terreur stalinienne et ses goulags vont faire disparaître des millions de personnes. « Elle aime, elle aime le sang, / La terre russe.

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