Anne-Marie Régimbald

Parler de l'État en son absence

309 | Automne 2015

Dans Stray Dog, premier long-métrage documentaire de l’Américaine Debra Granik, aucune voix hors champ ne nous expliquera les tenants et les aboutissants, le pourquoi et le comment. Jamais aucun des protagonistes ne s’adressera à la caméra ou ne répondra à une question, nous nous trouverons dans la narration et devant un cinéma frontal, mais surtout, comme le dit Granik elle-même, Wonder is my big thing. The active verb of wondering. Se demander, s’étonner, réfléchir.

Aucune épiphanie

310 | Hiver 2016

Qui a lu les nouvelles d’Atavismes, publié en 2011, reconnaîtra encore ici le penchant de leur auteur pour les récits couvrant large en matière d’histoire et de géographie des Amériques. La novella, troisième titre de Bock, arpente notre double continent et recule jusqu’aux années soixante-dix. On s’y promène entre tropical et nordique, jungle, forêt laurentienne et espaces urbains, au fil du récit de la vie d’un écrivain raté par un narrateur lui aussi écrivain, entreprise à vue de nez casse-gueule. 

Même les vaches n'habitent plus la Terre

311 | Printemps 2016

C’est vraiment la terre même, nue, pas virtuelle ou habillée pour cinq cennes, que l’ancêtre de ma mère, un certain Dubord dit Lafontaine, a foulée, qu’il a habitée, à laquelle il a tenté de s’acclimater, et, quel exploit, d’y survivre, en assurant sa descendance. Il l’a probablement déboisée, y a construit une cabane qu’il chauffait avec le bois qu’il avait bûché. Jamais il ne l’exploita au point d’en tirer profit, peut-être réussit-il à y faire pousser quelques oignons, posséda-t-il quelques poules et un cochon. Économie de subsistance, que la sienne.

L'humanité comme multivers

312 | Été 2016

The Summer People, le premier des neuf récits de l’auteure de nouvelles de science-fiction, de fantaisie et d’horreur, l’Américaine Kelly Link, née en 1969, s’ouvre sur le geste, clin d’œil de l’auteure à ses lecteurs, d’un père qui réveille sa fille en lui envoyant un jet de brumisateur au visage. Il ment à Fran, quinze ans, en lui racontant qu’il part, une semaine ou trois, pour une réunion de prière à Miami, qu’il a, précise-t-il, trouvée sur Internet.

Lady Chatterley en livre de poche

314 |

Sur un balcon au troisième étage d’un appartement montréalais, par une chaude soirée de juillet, lors d’un souper presque improvisé, alors que Pokémon Go venait d’être lancé à New York, provoquant une ruée nocturne sur Central Park, l’un des convives racontait sa fréquentation fervente du jeu en réalité alternée Ingress (traduction littérale, Pénétration), lancé en 2012 par Google, auquel, paraît-il, on joue dans la rue avec son téléphone portable.

Un python à Verdun

315 | printemps 2017

L’agence QMI, propriété de Québecor Média, nous apprenait le 30 août dernier qu’un python de quatre pieds errant depuis une semaine dans les rues de Verdun avait été localisé près de la patinoire Bleu Blanc Rouge, entre la rue Willibrord et la 1re avenue. Le communiqué de presse précisait que le reptile, non venimeux, se nourrit de rongeurs – à l’égal, ajouterai-je, de la bonne vieille couleuvre rayée québécoise, Thamnophis Siralis, pouvant rivaliser par sa taille avec un python, puisqu’elle peut atteindre plus d’un mètre.

Éloge de la catastrophe 

315 | printemps 2017

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