Numéros précédents

317 | Automne 2017

Le droit est partout. Les moindres parcelles de nos existences sont susceptibles d’être happées par les filets de la judiciarisation et les revendications de droits se multiplient. Les pires cauchemars de Kafka habitent de plus en plus notre quotidien et le développement du droit sado-libéral, pour reprendre l’expression de Dany-Robert Dufour, est en train de pervertir les visées d’émancipation et de nous faire oublier jusqu’à l’idée même de justice… Quelle place le droit fait-il aujourd’hui à l’idéal de justice dans notre monde ? Peut-on encore poser la question de rapports justes entre les gens dans une perspective qui échappe au strict respect des formes prescrites par le droit ? Liberté se penche sur ces enjeux dans le dossier de son numéro de septembre, qui portera sur « Le droit sans la justice ».

316 | Été 2017

Omniprésent, l'humour se donne à toutes les sauces. Drapés dans la vertu, certains humoristes invoquent la liberté d'expression ou la tolérance pour tenir des propos parfois douteux. Plusieurs affirment haut et fort que l'humour est l'antidote aux dérives autoritaires et aux mensonges du pouvoir. D'autres encore riront de leur propre impuissance à changer quoi que ce soit aux mécanismes qui régissent la vie en société. Mais qu'en est-il réellement? Que peut l'humour lorsque la pensée néolibérale se glisse imperceptiblement dans le vocabulaire du citoyen, modifiant de ce fait son rapport au monde?

315 | printemps 2017

En cette période de chambardements planétaires, où certains éléments de la classe politique transforment la fiction en réalité et vice versa, il est tout à fait légitime de s’interroger sur la conception du mot « progrès ». Prétexte de choix pour une classe politique à court d’arguments, le progrès a, au cours de l’histoire, paradoxalement été à l’origine de catastrophes humaines, environnementales et économiques.

Avec des textes de Louise Vandelac, Alain Deneault, Maxime Catellier, Gilles McMillan, Denis McCready, Anne-Marie Régimbald, de même qu'un entretien avec Monette Vacquin.

 

314 |

Alors que le savoir est de plus en plus réduit à ce qui est quantifiable et que la littérature est perçue comme une simple facette de l’industrie culturelle, voire de l’industrie tout court, ce dossier rappelle l’importance de la littérature comme lieu d’exploration de la condition humaine. Pouvons-nous encore entendre ce que les lettres sont seules à dire ?

À lire aussi dans ce numéro, un entretien d’Alain Deneault avec Hind Fazazi et Samuel-Élie Lesage sur l’avenir du mouvement étudiant, un essai de Clément de Gaulejac qui remet en question le rôle de contre-pouvoir des caricaturistes après l’attentat de Charlie Hebdo, et « Le temps de la liberté », un éditorial de Jean Pichette, nouveau directeur de Liberté.

313 | Automne 2016

Dans ce numéro de l'automne 2016, Liberté explore l’emprise de la droite économique sur notre sensibilité et notre rapport au monde. 

Ne sommes-nous pas, même chez ceux et celles se réclamant de la gauche et de ses multiples traditions, imprégnés des mots d’ordre de la droite : compétitivité, rendement, efficacité, performance, productivité, et ce, dans notre vie privée comme publique ?

Qu’est donc devenue notre sensibilité pour que nous acceptions nos existences stériles, anémiques, vides de sens et dans lesquelles, collectivement, nous ne nous emballons plus qu’à l’annonce de projets d’intendance, de profits à court terme ou de victoire des Canadiens ?

Avec des textes de Dalie Giroux, Edith Brunette et Olivier Choinière, Jean-Philippe Warren, Liz Lacharpagne et Jean-Philippe Payette.

312 | Été 2016

En cette époque où la littérature est plus que jamais soumise aux écrasantes lois du marché et doit trop souvent se plier aux dictats de l’industrie culturelle, le parcours de Marie-Claire Blais – plus encore, son ambition – est à la fois un puissant antidote contre le cynisme et un exercice de lucidité. Inlassablement, elle invite à regarder le monde dans toute sa violence pour parvenir à en dégager des parcelles d’espoir et d’humanité.

Liberté vous invite à plonger dans l'oeuvre humaniste et démesurée de Marie-Claire Blais.

311 | Printemps 2016

Si nous portons notre regard sur les installations pétrolifères de Syncrude à Fort McMurray en Alberta, sur les forêts abitibiennes scarifiées par les coupes à blanc ou le site minier Manitou-Goldex, abandonné, à Val-d’Or, on se demande assez vite si nous savons encore habiter le monde. Le sol, la boue, l’humus, l’air, les quenouilles, les maringouins semblent aujourd’hui être pour nous plus abstraits et, du coup, moins sensés, moins signifiants, que les retombées économiques, le taux de chômage ou le bourdonnement de la bourse de Tokyo.

La nature s’est, pour nous tous, transmutée en environnement. Elle n’est plus un cosmos, un espace avec lequel dialoguer, une part du récit nous englobant en tant que communauté, mais un pur objet extérieur à nous et, de là, une simple ressource. Or, la ressource, comme chacun sait, ne s’habite pas. Elle s’exploite. 

Dans ce numéro, Liberté invite à réinvestir la Terre comme un lieu, à apprendre à la percevoir et à la lire autrement. Bref, à refonder notre relation avec elle. 

310 | Hiver 2016

La souveraineté est loin d’être une chose simple. Le mot lui-même découle, comme on s’en doute, de «souverain», du latin superus, soit le supérieur, l’au-dessus des autres, bref, celui qui n’est subordonné à personne. Si le principe de souveraineté s’est au départ incarné dans la personne et le corps même du roi, au fil du temps, il a fini, à partir de l’époque moderne, par se loger plutôt dans une institution, l’État-nation. Pour nous autres contemporains, par contre, l’État souverain qui ne serait subordonné à personne semble de moins en moins une évidence. Cet été, le drame de la Grèce nous aura, sans l’ombre d’un doute, démontré combien au-dessus de l’autorité d’un Parlement souverain une autre autorité peut très bien se tenir. 

Dans un monde où l’économie semble avoir grignoté le politique au point de prendre sa place, quel peut bien être le sens de l’autonomie politique d’un peuple? C’est la question que nous explorons dans ce dossier. Elle nous semble en effet cruciale aujourd’hui, d’autant plus, peut-être, pour des citoyens consommateurs – pour reprendre ici la fine expression de Martin Coiteux – d’une province du Canada. 

309 | Automne 2015

Il semble que nous aimons bien, au Québec, ne pas aimer notre système de santé. De façon périodique, journaux, radio, télé, médias sociaux le décrient avec complaisance. On a beau connaître par cœur, et depuis longtemps, la litanie des clichés chaque fois évoqués, on dirait bien qu’on ne s’en lasse pas; les nuits et les jours à moisir à l’urgence, les CHSLD tantôt sordides, tantôt sinistres, les listes d’attentes sans fin pour les chirurgies mineures, les radiographies, les scans, alouettes, avec, en filigrane, la conviction plus ou moins avouée, plus ou moins énoncée, que l’inefficacité de l’affaire est tributaire de son statut de service public. 

Il va sans dire, orchestrer les soins pour toute une population n’est pas une mince affaire. C’est pourquoi nous avons souhaité dans ce dossier revenir au fondement même de toute organisation de santé, soit le souci du blessé, du malade, de l’éclopé, du démuni, en mettant en lumière le travail et les réflexions de ceux et celles qui s’y consacrent. 

 
308 | Été 2015

L’alcool, comme le vent, semble ne pas connaître les frontières de classes sociales, de sexe, ou d’orientations politiques. Malin, il sait trouver sa niche presque partout. 

Nous avons souhaité explorer quelques facettes de ce liquide ambigu, histoire de voir ce qu’il sait nous révéler du monde et de la manière dont les hommes et les femmes qui l’habitent organisent leur territoire, leur économie, mettent en place leurs petits et grands rituels.

307 | Printemps 2015

Des suffragettes aux féministes actuelles, chaque décennie a porté ses revendications, mais a aussi vu une pensée naître, un mouvement s’articuler et une parole être prise. Le féminisme s’emploie à lire le monde autrement. En ce début de vingt et unième siècle, nous avons voulu explorer ce que, spécifiquement, il permet de déchiffrer de la situation contemporaine. Que nous donne-t-il à voir qu’aucune autre lecture n’éclaire? Que révèle-t-il? En bref, quel portrait nous aide-t-il à dresser du monde dans lequel nous vivons? 

Comme tout mouvement porté par un regard visionnaire, le féminisme se présente tout à la fois comme une éthique et une utopie. Au-delà des nécessaires combats pour des enjeux précis telle l’équité salariale, le féminisme s’avère ainsi d’abord une exigence : doter d’un véritable poids politique ce que le pouvoir tait et tient à distance. 

Ce dossier veut rendre compte de la diversité des stratégies possibles pour nommer la domination et la faire disparaître. 

306 |

Le temps serait donc venu de se tenir à carreau, de se serrer la ceinture, d’écouter sagement le bon père de famille. Après tout, il sait mieux que ses enfants turbulents, dissipés et voraces, ce qui est bon pour eux. Pour reprendre le cri du coeur d’un Pierre Elliott Trudeau exaspéré par les tensions sociales de l’automne 1969 : Finies, les folies ! Au problème complexe des finances de l’État, il y aurait, nous dit-on, une réponse simple : couper, démanteler, réduire, détruire, restreindre. Devant la diminution de sa marge de manoeuvre politique, la réponse de notre État provincial se résume ainsi à diminuer davantage cette marge de manoeuvre. Drôle de réflexe. Nous avons souhaité réfléchir à ce paradoxe. 

305 | Automne 2014

     Tout comme la religion catholique s’immisçait, au Canada français, dans les moindres recoins du département de l’instruction publique, les paramètres de la gestion, de l’entreprenariat, de la rentabilité et même de la production semblent aujourd’hui imprégner de bout en bout notre ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. 

     Cela ne devrait pas nous étonner. Les institutions publiques sont soumises aux idées reçues, partagées par les pouvoirs en place, que ceux-ci soient élus ou non.

     Si la chose est inévitable, elle n’implique pas pour autant que nous soyons condamnés à demeurer ainsi les bras ballants. Chaque époque, chaque individu, c’est fâcheux, doit trouver le moyen de résister au chant des sirènes, sous peine d’aller au-devant du naufrage. 

     Tout au long de l’année scolaire, les profs s’échinent à transmettre à leurs élèves ou à leurs étudiants la connaissance de leur langue et les concepts et notions propres à l’humanisme, et ce, même si la société dont ils font partie et le Ministère dont ils relèvent ne savent plus en voir ni la beauté ni la pertinence. 

     Ce dossier se veut d’abord une occasion de réfléchir aux raisons historiques qui expliquent l’état actuel de notre enseignement ainsi qu’aux influences – souvent internationales – qui l’affectent. Nous voulons aussi signifier aux femmes et aux hommes oeuvrant dans les tranchées de notre système scolaire qu’ils ne sont pas seuls.

304 | Été 2014

Que ce qui trouble l’humain puisse passer du cri, du rire et des larmes aux mots, à la voix et à la musique demeure un phénomène bouleversant. Est-ce parce que la parole rythmée, par la mélodie ou la mélopée, plonge à peu près aussi loin dans la mémoire de la communauté humaine que la peinture sur les parois des grottes ? Ou qu’immanquablement elle rappelle à bon nombre d’entre nous les berceuses ensevelies de la petite enfance ? Toujours est-il que la chanson prend d’assaut le corps de celui qui la chante – les cordes vocales, à l’instar de celles du piano et de la guitare, ça vibre – comme de celui qui la reçoit ; dès lors elle nous permet de répéter de façon concrète une expérience immémoriale. Avant le sens, la chanson nous le susurre, parfois nous le hurle, il y a l’émotion et l’expérience sensible. 

303 | Printemps 2014

L’idée même d’un ministère de la Culture, quand on y pense, peut sembler saugrenue. L’art et la pensée ayant prouvé depuis longtemps à quel point ils pouvaient s’avérer de sérieux empêcheurs de gouverner en rond, on peut se demander en quoi un État pourrait avoir envie de stimuler ce qui prend tant de plaisir à le picosser ou à nourrir une mâchoire souvent prompte à le morde. Pour mettre en place un tel processus, il faut quand même y croire. 

Georges-Émile Lapalme, fondateur du ministère des Affaires culturelles y croyait. Ses  collègues de l’équipe du tonnerre de Jean Lesage un peu moins, mais, bon, en remerciement de ses services au Parti libéral – tenir le fort dans l’opposition, sous Duplessis en plus, pendant huit ans, ce n’est pas rien –, on  a décidé de lui passer sa lubie.

Au contraire d’un René Lévesque ou d’un Paul Gérin-Lajoie ayant tous deux réussi avec relativement de brio leur projet respectif, la nationalisation de l’électricité pour l’un, l’architecture d’un système d’éducation publique pour l’autre, Lapalme a de son côté  démissionné avant d’avoir mis un point final à son œuvre tellement il était accablé par les bâtons qu’on ne cessait de lui mettre dans les roues.

Le ministère, lui ayant heureusement survécu, demeure encore à ce jour son héritage. Et celui de ceux qui s’en moquaient. 

302 | Hiver 2014

Si le dessin d’une société découpée entre prolétaires et bourgeois peut paraître aujourd’hui obsolète, il est peut-être prématuré, si ce n’est trompeur, d’affirmer que les tensions et la violence qui caractérisaient les rapports de classes au dix-neuvième siècle ne sont plus que des reliques du passé. Les notions de classes et de lutte des classes peuvent-elles encore nous aider à comprendre les enjeux politiques et esthétiques auxquels nous faisons face, à la fois comme groupe et comme individus ? C’est ce que nous avons tenté d’explorer dans ce dossier.

301 | Automne 2013
Cet automne, Liberté s’attaque à un lieu commun : la banlieue.

La banlieue est partout. En ville, à la campagne et, bien évidemment, en banlieue. Aussi, peut-être n’est-il pas délirant de se dire qu’elle se trouve aussi en chacun de nous.

Depuis une cinquantaine d’années, la majorité des Québécois naissent et grandissent dans des enclaves résidentielles quadrillées de maisons unifamiliales. Nos habitudes, nos besoins, nos aspirations et, donc, nos politiques, sont irrémédiablement influencés par ce modèle. Où que nous nous trouvions, ce sont les mêmes envies de propriété privée, de voitures et de complexes commerciaux qui guident nos décisions individuelles et collectives.

À l’instar des créateurs qui s’y sont intéressés, on peut concevoir la banlieue comme un miroir grossissant de notre société tout entière. Que nous révèle-t-elle de nos propres pratiques, valeurs et idéaux? Comment son modèle en vient-il à façonner notre vision du monde? La logique du «chacun chez soi, chacun pour soi» est inquiétante à l’heure où nous devons revoir l’organisation de nos villes pour les rendre plus viables aux plans social et environnemental. S’il est bien sûr légitime de rêver d’un chez-soi paisible, d’un bout de jardin à cultiver, pouvons-nous imaginer d’autres façons d’y arriver? Nous l’espérons. 

300 | Été 2013

En exigeant que nos cerveaux, si ce n’est nos existences entières, correspondent aux besoins de l’entreprise, ce qu’on nous laisse entendre, c’est que ça a du sens de se laisser emporter par le courant, peu importe la place qu’on occupe dans le peloton. C’est aussi nous astreindre à la seule sphère du privé, à ne plus rêver que d’une réussite personnelle, que nous n’avons même pas les moyens de définir, vu que pour l’atteindre, nous devons nous conformer à des exigences issues de milieux où nos voix ne portent pas. Laisser des conseils d’administration déterminer ce qui est bon pour nous me semble d’une grande tristesse. Comment sommes-nous tombés si bas? La Révolution tranquille nous avait pourtant appris que définir notre cadre de vie, décider de vivre ensemble, c’est uniquement, essentiellement, une question politique.

En n’ayant plus que des rêves privés, nous serions-nous privés de rêver?

299 | printemps 2013

En 1970, j’avais beau être le contemporain du Grand cirque ordinaire, des éditions Cul-Q ou de la Nuit de la poésie, ça laissait mes trois G.I. Joe indifférents.

Quelque chose pourtant m’excite, aujourd’hui, quand on mentionne la contre-culture. Ce « contre », en effet, résonne de mieux en mieux en moi alors que de plus en plus l’on conçoit la culture comme un secteur d’activité économique semblable à la restauration, au toilettage pour chien ou l’entretien paysager. Désormais, quand on parle de culture de façon sérieuse, c’est pour évoquer avec docte conviction un homme et une femme qui, parce qu’ils ont de l’instruction et un salaire conséquent, sont affamés de distractions haut de gamme. C’est comme ça qu’un soir ils vont au théâtre ou au concert ou, mon Dieu, qui sait, peut-être même à l’opéra [...].

298 | hiver 2013

Liberté lance le bal des bilans de fin d’année avec son numéro Manifestations : la politique hors les murs. Revenant sur les événements du printemps dernier, Liberté se demande : comment est-il possible pour les citoyens de dialoguer avec le pouvoir ? En cet automne marqué par l’arrivée d’un nouveau gouvernement et la commission Charbonneau, la question demeure d’une actualité brûlante. 

 

297 | automne 2012

À l’heure ou le gouvernement de Stephen Harper continue son travail de boulversement de la société. À l’heure où la ministre Diane Finley annonce son désir d’avoir plus de privé dans les services sociaux. Il est urgent, plus que jamais, de réfléchir sur ce gouvernement.

 

296 | été 2012

Le 7 avril dernier, réunies au Monument-National, soixante-dix neuf personnes répondaient à une question qui leur avait été adressée : « Comment rendre visible, opérante, la liberté qui nous caractérise et qui nous échappe en même temps ? La révéler ? » 

 

295 | printemps 2012

La littérature québécoise a pris son envol avec Au pied de la pente douce et Bonheur d’occasion, c’est-à-dire en arrivant en ville. Les manuels scolaires, d’ailleurs, adorent nous le raconter. L’affirmation, un peu simpliste, a comme grand avantage de marquer la rupture avec le Canada français et ses écrivains empêtrés dans le sol et le sang. Par la belle grâce du paysage urbain, le Québec, Dieu merci, s’arrachait ainsi au folklore.