Des actualités démodées, pour sortir l’événement du prêt-à-penser. Pour lui redonner sa profondeur de champ et le replacer dans son contexte social, culturel, politique et historique, sans lequel il se dissout dans un trop-plein d’informations. Parce qu’à force de danser sur les crêtes éphémères du quotidien, on tombe et retombe dans les creux de l’insignifiance, dans un jeu infini de reflets où les signes ne renvoient plus qu’à eux-mêmes. Contre ce mimétisme généralisé, où un commentaire chasse l’autre, prenons le réel à bras-le-corps. Sortons le politique de ses fétiches, de son tout-à-la-stratégie qui ne réussit pas à voiler le vide qui l’habite. Replaçons le présent dans la chair de l’histoire, à l’encontre de ceux qui croient que le temps n’est qu’une variable – parmi d’autres – à gérer. Enfin laissons la culture, dans ses multiples manifestations, élargir nos horizons de pensée, condition préalable à une réelle capacité collective d’écrire le présent plutôt que de le subir. 

David Lafrance, Palette de peintre, 2015-2016, bois et peinture acrylique, 40,5 X 86 X 30,5 cm. L’artiste est représenté par la Galerie Hugues Charbonneau, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 308, à Montréal.

« Nous sommes une partie de l’autre. » James Baldwin, écrivain

James Baldwin est décédé il y a 30 ans, le 1er décembre 1987, dans sa maison de Saint-Paul-de-Vence, en France, à l’âge de 63 ans. Avant de voir l’excellent documentaire que lui consacre Raoul Peck, I’m not your negro (2016), je n’avais jamais entendu...
Serge Clément, Refuge, Berlin, Allemagne, 2014/2016, Impression jet d’encre, ed. 5, 101 X 152 cm. L’artiste est représenté par la Galerie Simon Blais, 5420, boul. Saint-Laurent, local 100, à Montréal.

Un génocide près de chez nous

Comment une société où la vie en commun se déroule de façon paisible peut-elle peu à peu se cliver ? Comment les regards peuvent-ils s’y transformer et faire du voisin l’incarnation de l’Autre, portant en lui les marques d’une différence de plus en plus insupportable ?...
Elysanne Tremblay, Titre, XXX. L’œuvre est présentée dans le cadre de l’exposition « Gloire des roses sablons », à la Galerie Lacerte art contemporain, située au 1, côte Dinan, à Québec, jusqu’au 23 décembre 2017. 

Sincérité et autres choses pas si plates

L’Oie de Cravan accueille le premier livre de Jonathan Doré. Parlons quelques secondes d’encre et de papier : la signature de la maison d’édition est indélébile lorsqu’il s’agit de qualité et de beauté matérielles. Ici, le dessin de Mireille Bouchard en couverture et le choix...
Colonel Louis Keene, du Corps expéditionnaire sibérien, Canadian Outside the Depot – Siberia, Russia, 1918 ou 1919, aquarelle sur carton, 121 cm X 182.5 cm, Musée canadien de la guerre, Ottawa

« La révolution, c’est plus comme avant »

«  On n’y va pas à Siberia !  »  (sic). C’est par ce cri du cœur lancé le 21 décembre 1918 dans le port de Victoria, en Colombie-Britannique, que le soldat Onil Boisvert, un cultivateur de 22 ans originaire de Drummondville, donna le signal...
Stéphanie Morissette, Petits vautours, 2017, papier et feuilles d’or, PH : Guy L’Heureux. L’œuvre est présentée à la Galerie Dominique Bouffard, au 372 Sainte-Catherine ouest, espace 508, à Montréal, jusqu’au 23 décembre 2017.

Journalistes critiques, journalistes légalistes

On peut s’en montrer agréablement surpris. La presse, chez nous comme dans le monde, témoigne d’une compréhension vive du phénomène des paradis fiscaux et sait en rendre compte souvent adéquatement. Certes, les chefs de rédaction et éditorialistes n’ont pas encore intégré la variable lorsque...