Finir de perdre

Illustration : Julien Castanié

Illustration : Julien Castanié

« CLOV (regard fixe, voix blanche). — Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. (Un temps)
Les grains s’ajoutent aux grains, un à un, et un jour, soudain, c’est un tas,
un petit tas, l’impossible tas. »
Samuel Beckett, Fin de partie

 

On connaît les ouvrages de Jacques Pelletier sur la vie intellectuelle et politique au Québec, parmi lesquels on retrouve les marquants Les habits neufs de la droite culturelle (1994) ainsi que Parti pris : Une anthologie (2013). Pelletier fait d’ailleurs montre d’une relative loyauté à Parti pris, et ce nouvel ouvrage témoigne de la persistance (trop rare peut-être) de son esprit dans notre époque. Pelletier a toujours mêlé, dans le meilleur sens du terme, les questions littéraires aux questions politiques, et a su marier les engagements intellectuel et militant. Ce récent livre ne fait pas mentir cette tendance.

L’université : fin de partie et autres écrits à contre-courant présente d’abord une réflexion sur ce que Pelletier décrit comme une déroute à peu près totale de l’université québécoise. Le point de vue défendu est celui d’un professeur retraité, resté fidèle aux principes fondateurs du réseau de l’Université du Québec, qui selon lui aurait vécu une « normalisation tranquille » : le modèle de cogestion prôné durant ses premières années s’érode graduellement pour laisser la place à la saine gouvernance (entendez l’ironie), mettant à mal les idéaux d’accessibilité.

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Jacques Pelletier, L’université : fin de partie et autres essais à contre-courant, Varia, 2017, 310 p.