Son vieil ami A. S. Souvorine !

« Un vieil ami de Tchekhov », écrit le biographe Ernest J. Simmons à propos de cet Alexeï Sergueïevitch qui était comme Anton Pavlovitch petit-fils de serf. Il avait d’abord été un maître d’école enseignant la géographie dans un village perdu (quel beau sujet de nouvelle) avant de devenir à 40 ans et à la force de ses poignets un puissant patron de presse, un Citizen Kane russe dirigeant le plus lu des quotidiens de Saint-Pétersbourg, possédant une maison d’édition, une chaîne de librairies et le monopole de la vente de livres, revues et journaux dans les kiosques des gares.

« Un superbe magnat de la presse », écrit benoîtement Henri Troyat dans sa biographie expédiée du cher Anton Pavlovitch Tchekhov. Un bel enfant de chienne, vous dis-je, moi, que celui qui, antisémite et opportuniste sans scrupules, passé d’une jeunesse aux idées libérales à une carrière redoutable d’homme d’affaires réactionnaire, brutal mais volontiers soumis aux ordres du gouvernement, utilisa sans vergogne lors de l’affaire Dreyfus (qui faillit rompre son amitié avec Tchekhov) ce que l’on appelle de nos jours les faits alternatifs et la post-vérité… !

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Anton TchekhovVivre de mes rêvesLettres d’une vie, traduites et annotées par Nadine Dubourvieux, coll. Bouquins, 2016, 1057 p.