Le sens collectif de l’autofiction – Entretien avec Karine Rosso

Karine Rosso termine un doctorat en littérature à l'université de Sherbrooke. Elle s'intéresse à la figure de l'auteure dans l'autofiction au féminin et à la représentation de la femme non blanche dans la littérature contemporaine. Elle est également l'auteure d'un recueil de nouvelles intitulé Histoires sans Dieu (2011) et la codirectrice des Histoires mutines (2016) et Nelly Arcan. Trajectoires fulgurantes (2017)

Karine Rosso - Illustration de Mana Rouholamini
Illustration de Mana Rouholamini

Karine Rosso, vous êtes sur le point de déposer votre thèse de doctorat, dans laquelle vous abordez l’œuvre de Nelly Arcan ; vous avez codirigé l’ouvrage Trajectoires fulgurantes, qui vient de paraître aux Éditions du remue-ménage et qui se penche également sur l’œuvre et la vie d’Arcan. Dans les deux cas, l’autofiction est au cœur de votre questionnement et semble être un moteur dans vos recherches.

Karine Rosso : Il a fallu en effet, et ce très tôt dans mes études, que je me penche sur la question de l’autofiction, que je comprenne ce que l’on entendait par ce terme, parce que c’est très présent dans la réception arcanienne, et c’est devenu indissociable de son œuvre.

Lançons-nous alors d’emblée dans le vif du sujet. On en parle beaucoup, et ce, depuis plusieurs années, mais il semble que personne ne s’entende sur sa définition… Dites-nous, Karine, qu’est-ce que l’autofiction ?

C’est vrai que c’est un mot fourre-tout, un mot lourd, très connoté (souvent négativement). C’est aussi un mot extrêmement employé dans les médias, mais rarement défini. Or, quand on se met à étudier plus sérieusement l’autofiction, on se rend compte qu’il y a de multiples définitions. Il faut d’abord savoir que c’est un néologisme inventé par Serge Doubrovsky, qui disait, je paraphrase : « l’autobiographie est réservée aux grands de ce monde, aux héros ; moi, ce que je vais écrire, c’est une autofiction ». Pour lui, l’autofiction doit être basée sur des faits réels mais est en même temps très liée à la cure psychanalytique, la cure par la parole. L’autofiction, dès le départ, est donc une façon de reconstruire le fil de sa vie, pour ne pas dire le fil narratif de sa vie, vie et littérature, ou récit, voix, parole, étant ici indissociables. 

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Entretien réalisé par Rosalie Lavoie

Karine Rosso termine un doctorat en littérature à l’Université de Sherbrooke. Elle s’intéresse à la figure de l’auteure dans l’autofiction au féminin et à la représentation de la femme non blanche dans la littérature contemporaine. Elle est également l’auteure d’un recueil de nouvelles intitulé Histoires sans Dieu (2011) et la codirectrice des ouvrages Histoires mutines (2016) et Nelly Arcan. Trajectoires fulgurantes (2017).