Poussière sur les vers

La poésie de Benoît Chaput dit la difficulté d’atteindre à une langue vraie.

Le poète Benoît Chaput, à la barre de la maison d’édition L’Oie de Cravan depuis 1992, a fait paraître en décembre 2014 Les jours sans tain, qui, par la réaffirmation des figures, des thèmes et des atmosphères, démontre une grande cohésion et procède d’un éclaircissement graduel de ses arcanes. Le premier ensemble sur quatre, « Les pirates au couvent », d’abord paru en 2008, installe d’emblée une ambiance presque apocalyptique, qu’on retrouvera ailleurs par l’entremise des multiples présences d’embrasement, de cendre et de poussière. La désertion est autant humaine qu’animale. Le pigeon a les « ailes arrachées », les « oiseaux fuient » et les bouches incendiaires ont des « mots brûlés » ; c’est d’ailleurs avec une peur persistante que la catastrophe est attendue, le basculement étant signalé dans l’image antinomique des pirates – voleurs, tueurs, hors-la-loi – qui entrent sans s’annoncer au couvent – espace de pauvreté, de recueillement et de paix par excellence.

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Référence : Benoît Chaput, Les jours sans tain, L’Oie de Cravan, 2014, 83 p.