Montréal en décalage

Traverser la Main avec Anna Leventhal et Daniel Grenier

J’ai le sentiment d’avoir véritablement découvert Montréal lorsque j’ai commencé mon baccalauréat à l’université McGill. Originaire de Laval, je ne vivais pourtant pas bien loin de la métropole. Mais, pour moi, Montréal demeurait un univers relativement homogène, où mes cercles d’amis étaient presque entièrement constitués de francophones et où l’Autre anglophone (vaguement menaçant) demeurait à l’arrière-plan, silhouette hantant les bars de la Main et les concerts de groupes indie. Malgré l’amour que je ressentais depuis l’adolescence pour Rufus Wainwright, ce n’est qu’en m’immergeant pendant cinq ans parmi les hordes d’étudiants vegan, queer et liberal de l’université que j’ai pris conscience de la complexité de ce monde parallèle. Cette découverte ne me révélait pas seulement une nouvelle facette de l’île; elle m’ouvrait à toutes sortes de cultures et de pensées que la circulation de la langue de Shakespeare, pour aussi hégémonique qu’elle soit, a l’avantage de réunir. Il me fallait revoir mon imaginaire du « maudit anglais ». C’est ce visage de Montréal, grand absent de nos téléromans et de notre cinéma, Félix et Meira ayant récemment fait exception, qu’Anna Leventhal met en scène dans son premier recueil de nouvelles, Douce détresse

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Anna Leventhal, Douce détresse, trad. de Daniel Grenier, Marchand de Feuilles, 2014, 289 p./Sweet Affliction, Invisible publishing, 2014, 184 p.