Une année à cultiver son jardin

Deux siècles plus tard, le calendrier révolutionnaire peut-il garder sa charge révolutionnaire?

On se découvre parfois d’étranges zones sensibles : en ouvrant Révolutions, moi qui ne me considère pas plus jacobine qu’une autre et ne cultive guère le souvenir de Danton, j’ai ressenti une certaine irritation devant le traitement bon enfant de la Révolution française qui enrobait l’ouvrage. Quel genre de clin d’œil sympa à la Terreur justifiait un tirage de 1793 copies du livre, clin d’œil d’un goût, mettons, moyen ? Ma méfiance était d’autant plus exacerbée que rien des écrits passés des auteurs ne promettait une écriture particulièrement investie dans les luttes de pouvoir et dans la critique idéologique. Alors pourquoi placer un événement aussi politiquement chargé au cœur d’un ouvrage l’étant en apparence aussi peu ? On répliquera que l’idée maîtresse du livre justifiait cette innocente récupération du plus très récent passé français et qu’il faut donner une chance à ce projet iconoclaste en l’acceptant pour ce qu’il est. La citation de Borges placée en exergue annonce une sorte de labyrinthe de formes. Soit. Ne boudons pas notre plaisir et entrons-y. 

Ce contenu est réservé aux abonné.e.s

Vous êtes abonné.e à Liberté?
Entrez votre nom d’utilisateur et votre mot de passe ci-dessous.
Écrivez-nous pour obtenir votre nom d’utilisateur et votre mot de passe.

Vous n’êtes pas abonné.e à Liberté?
Abonnez-vous!
Achetez le numéro!


Référence : Nicolas Dickner et Dominique Fortier, Révolutions, Alto, Québec, 424 p.