Cultiver le vide

Le démantèlement, récit d’un sacrifice inutile.

Dans Le vendeur, Sébastien Pilote explorait le motif de l’homme qui se ment à lui-même et aux autres par excès de zèle, pour gagner sa vie jusqu’à la perdre, victime et complice de la banalité du mal inhérente à la société marchande. Dans le rôle du vendeur, Gilbert Sicotte révèle l’absence de cet homme à lui-même et au réel qui, dès qu’il cesse d’être en représentation, donne l’impression de sombrer dans un vide abyssal.

La dialectique du vrai et du faux est encore déterminante dans Le démantèlement, mais de façon plus ambiguë. Ambiguïté créant une énigme peu réjouissante sur l’homme québécois dans son rapport douloureux à la terre, à la famille, à la communauté, au sacré et à la modernité. La place qu’y occupe le vide y est encore dévorante, survient sournoisement, là où on s’y attend le moins. 

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Sébastien Pilote, Le démantèlement, Canada, 2013, 101 min.