La revue Liberté se préoccupe de littérature, de théâtre, de cinéma, de philosophie, bref de tout ce qui relève de la réflexion et de la beauté, ce qui n'est en rien contradictoire avec le désir de s'arrimer au politique dans son sens le plus large. L'art est ainsi pour la revue une condition du politique ; un lieu de parole plutôt qu'une spécialisation. Liberté se veut une véritable agora, en dehors de toute sphère d'influence, un lieu de débats aiguillonné par une urgence : la nécessité de faire acte de résistance tant au bavardage médiatique qu'au murmure marchand ambiant.

 

 

 

n° 321 | Automne 2018

Nous croyons qu’au lieu de chercher dans leur arbre généalogique pour y trouver des ancêtres autochtones et «s’auto-autochtoniser», ou d’alimenter le mythe des «bonnes relations» avec les Premiers Peuples, il serait plus utile que les Québécois et les Canadiens reconnaissent leurs angles morts – ce qui, d’ailleurs, vaut tout aussi bien pour leurs relations avec les nouveaux arrivants. Il est grand temps d’amorcer une transformation réelle de nos rapports. Parce que celui qui écoute attentivement saura que les Premiers Peuples n’ont rien oublié de la beauté du territoire, de sa richesse, de sa générosité, et que leurs récits font aussi écho aux effets de la présence coloniale. Ce n’est pas un sujet joyeux, mais il est incontournable, tout comme la question du respect du territoire comme source de vie, qui ne pourra jamais être évacuée, ni de la parole des Premiers Peuples ni du débat public sur l’avenir de la planète.

n° 320 | Juin 2018

Notre numéro d’été traduit le statut incertain de la ville, les espoirs qu’elle suscite toujours, mais aussi les déceptions que son développement échevelé entraîne. Nos auteur.e.s proposent une vision de la ville informée par leur propre expérience, leurs parcours et leurs engagements. Nous les suivons dans cette ville vécue au passé et au présent, à bonne distance de toute planification totalitaire, de toute utopie rénovatrice. Ils esquissent une ville loin d’être parfaite, mais dans laquelle ils cherchent à s’inscrire, parfois péniblement, souvent temporairement.